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Raymond Weil, l’héritage d’un homme unanimement respecté

March 2014


Monsieur Raymond Weil, fondateur de la marque éponyme, est décédé le 26 janvier dernier, à l’âge de 87 ans. Pour la maison Raymond Weil, dirigée par son beau-fils Olivier Bernheim, flanqué de ses deux fils Elie et Pierre Bernheim, cette disparition marque un tournant. Un tournant important, certes, mais avant tout symbolique, parce que depuis quelques années Raymond Weil n’était plus à l’opérationnel. Europa Star a rencontré Olivier, Elie et Pierre Bernheim pour évoquer l’héritage laissé par cet homme si cordial, ce visionnaire unanimement respecté, et parler ensemble du futur de la marque familiale.

De gauche à droite: Pierre, Olivier et Elie Bernheim
De gauche à droite: Pierre, Olivier et Elie Bernheim

Europa Star: Avec la disparition de Raymond, une page se tourne, au niveau personnel, bien entendu, mais aussi pour votre Maison…

Olivier Bernheim: Tout d’abord, j’aimerais dire que les témoignages de sympathie que nous avons reçus du monde entier nous ont tous frappés, non seulement par leur nombre impressionnant mais aussi et surtout par l’incroyable chaleur humaine qui s’en dégage. Ce qui ressort de ce que les distributeurs, détaillants, voire simples vendeurs qui font partie de notre réseau nous ont écrit est qu’ils affirment que leur propre succès doit tout à Raymond Weil. C’est grâce à cet homme et à sa marque qu’ils ont pu grandir. Et ça, ils ne l’oublient pas.

Pierre Bernheim: C’était vraiment un ambassadeur exceptionnel et un visionnaire. Nous avons reçu par exemple des témoignages de vendeurs de chez Macy’s qui nous disaient que depuis 30 ans, ils racontaient à leurs clients la vie de Raymond, que c’était là leur premier argument de vente et qu’ils avaient l’impression de le connaître intimement.

Elie Bernheim: Il y a eu une identification entre la marque et le personnage. Tout son héritage est là, dans cet incroyable réseau tissé à travers le monde, qui plus est avec sobriété, simplicité gentillesse.

OB: C’est vrai, il est parvenu à ce que les gens s’identifient vraiment à la marque, mais sans jamais les stresser, sans pressions. Aujourd’hui, la plupart parlent en disant “ma marque”. C’est une forme de solidarité avec les détaillants qui est unique. La force et la solidité de ce réseau sont un héritage colossal.

ES: Surtout maintenant, quand on connaît les pressions que les détaillants subissent…

OB: Certes, la verticalisation du commerce de détail est un phénomène important, qui se fait néanmoins un peu moins sentir à notre niveau de prix (NDLR le cœur de gamme est entre 1’000.- et 3’000.- CHF). Mais beaucoup de détaillants ont perdu des marques de groupes et ont véritablement besoin de nous pour continuer à grandir et compenser le manque à gagner.

Nabucco Rivoluzione II
Nabucco Rivoluzione II
Carbone, titane et, pour la première fois, céramique, donnent une allure urbaine et contemporaine à cette version « all black » de 46 mm, ponctuée de détails rouge carmin, telles les aiguilles des compteurs du chronographe, la date et les surpiqûres du bracelet en caoutchouc, L’un des éléments emblématiques de la collection nabucco, le chiffre 12, est ici le seul chiffre qui n’est pas index. Tachymètre gravé sur la lunette en céramique, trois compteurs à 3h (30 minutes), 6h (12 heures) et 9h (petite seconde) et guichet circulaire de date à 4h30. Livrée dans un écrin spécial et accompagnée d’un casque audio Sennheiser offrant une acoustique sans pareil.

ES: Vous entendez donc bel et bien continuer sur cette lancée, conserver le caractère familial de l’entreprise?

OB: Absolument. C’est notre ADN, cette passion que nous partageons pour faire vivre pleinement cette marque.

EB: Nous avons été élevés au biberon Raymond Weil. Pour nous, c’est naturel.

PB: J’ai l’impression de faire ça depuis toujours. Venir travailler chez Raymond Weil était tout simplement normal, évident… et enthousiasmant.

EB: Nous qui représentons la troisième génération, sommes fermement décidés à conserver en mains propres et à développer cet héritage familial. Mais jusqu’à quel point serons nous capables de résister à l’énorme pression des groupes, de continuer à faire croître cette entreprise? Ça, nul ne le sait. Ce qui est sûr, c’est que nous ne serons jamais les “fossoyeurs” de la marque et si nous sentons un jour que les nuages s’amoncellent trop, nous ne la détruirons pas en nous arc-boutant, par pure mégalomanie personnelle.

ES: Quels sont les principaux axes stratégiques que vous dessinez pour ce futur?

OB: Nous devons nous concentrer là où nous sommes forts. C’est la première des choses. Nous ne devons pas nous disperser, l’heure n’est plus à être présents sur 120 marchés mais à mettre tout l’accent sur les régions où nous sommes dominants, dans le respect de ce que nous sommes, notre cœur de métier, cette horlogerie suisse, de grande élégance, au rapport prix/qualité indiscutable.

PB: Nous n’avons jamais prétendu être ce que nous ne sommes pas. Nous n’avons jamais dérivé de notre cœur de métier, car c’est là où nous apportons aux détaillants de la productivité, du trafic, de la croissance, avec des produits beaux, chics, élégants, accessibles.

OB: “Cordonnier, reste à ton établi”, disait toujours Raymond. Notre force est dans ce que nous sommes: un nom reconnu mondialement, un positionnement clair et défini, des produits élégants et abordables. Nous sommes ici et pas ailleurs. Et, point essentiel, nous avons un service après-vente extrêmement performant. Tout est réparable, tout le temps, partout.

EB: Récemment, quelqu’un nous a dit: votre communication est très belle, la montre qui y figure, on dirait qu’elle vaut 25’000.- CHF! Pour nous, c’est un compliment à double sens car nous ne voulons pas donner cette image de cherté. Nous voulons au contraire faire passer le message de l’accessibilité de nos produits, nonobstant leur beauté.

Cette nouvelle jasmine de 35mm allie diamants, nacre, acier et PVD plaqué or rose. Au total, ce ne sont pas moins de 113 diamants qui ornent boîte et les cornes de la pièce. Les index en chiffres romains sont parcourus par des aiguilles feuille bleutées qui rappellent le dôme bleu saphir de la couronne. La date est quant à elle mise en valeur par un liseré or rose à 3h. Le bracelet bicolore acier et PVD or rose, serti lui aussi, enlace subtilement le poignet. Doté d'un mouvement mécanique à remontage automatique ou quartz selon les versions.
Cette nouvelle jasmine de 35mm allie diamants, nacre, acier et PVD plaqué or rose. Au total, ce ne sont pas moins de 113 diamants qui ornent boîte et les cornes de la pièce. Les index en chiffres romains sont parcourus par des aiguilles feuille bleutées qui rappellent le dôme bleu saphir de la couronne. La date est quant à elle mise en valeur par un liseré or rose à 3h. Le bracelet bicolore acier et PVD or rose, serti lui aussi, enlace subtilement le poignet. Doté d’un mouvement mécanique à remontage automatique ou quartz selon les versions.
Equipée d'un mouvement quartz, toccata conjugue accessibilité et qualité. Le boîtier tout en rondeur est proposé en 29, 39 ou 42mm dans ses versions acier ou acier plaqué PVD or jaune. La finesse de la boîte et ses lignes épurées se marient avec le verre saphir bombé, signature de cette collection. Ici, un modèle tout acier avec un cadran argenté satiné soleil ponctué d'une petite seconde à 6h, à la fois classique et contemporain.
Equipée d’un mouvement quartz, toccata conjugue accessibilité et qualité. Le boîtier tout en rondeur est proposé en 29, 39 ou 42mm dans ses versions acier ou acier plaqué PVD or jaune. La finesse de la boîte et ses lignes épurées se marient avec le verre saphir bombé, signature de cette collection. Ici, un modèle tout acier avec un cadran argenté satiné soleil ponctué d’une petite seconde à 6h, à la fois classique et contemporain.

ES: Que pouvons-nous découvrir à BaselWorld cette année?

OB: Une belle continuité. Il s’agit aussi de rassurer les marchés, dont certains ont été ébranlés – psychologiquement - par la disparition de Raymond.

EB: Parmi les nouveautés, on trouvera un nouveau chronographe dans la collection Nabucco. Avec un boîtier retravaillé, des choix de matières intéressants – lunette céramique, boîte titane, caoutchouc et fibre de carbone. Détail marquant: dans l’écrin de ce chrono, le client trouvera un casque Sennheiser, un des meilleurs fabricants de casques audio pros, qui lui sera offert. Le tout pour 4’500.- à 6’500.- selon les exécutions.

OB: Mais ce n’est pas là le cœur de notre gamme. On trouvera un autre très beau chronographe dans la collection Freelancer, notre best-seller, qui contribue à 75% à notre chiffre d’affaires. Par ailleurs, en dehors d’animations diverses et d’évolutions dans les collections Maestro et Jasmine, on pourra découvrir une nouvelle collection, baptisée Toccata. C’est une collection quartz d’entrée de gamme, commercialisée à 650.- FS. Des montres rondes, très classiques, avec verre bombé, pour hommes et pour femmes. Quelque chose qui se vende, et bien. On en revient toujours là: Raymond Weil est là pour créer du trafic chez le détaillant.

EB: Et tous les amis de la marque découvrirons aussi une pièce unique, éditée à 100 exemplaires, en hommage à l’homme Raymond Weil. Disons, une pièce “masterpiece” en son honneur, un chronographe COSC de 45 mm, sur boîtier Maestro platine.

“88 rue du Rhône”, la petite marque qui grimpe

Elie et Pierre Bernheim ont créé en 2012 une marque, élégante et contemporaine, qui offre aux détaillants “ce qui n’existe plus dans la gamme de Raymond Weil”, c’est à dire une collection positionnée entre 300.- et 1’000.- CHF. Cette “start-up” horlogère a déjà réussi à écouler 25’000 montres en 18 mois, à travers 500 points de vente dans 34 pays. “Beaucoup des partenaires historiques de Raymond Weil nous ont soutenus, à l’image des Macy’s, Tourneau et autres Selfridges, ou des détaillants individuels, explique Pierre Bernheim, directement en charge de la marque. L’idée est de développer grâce à cette marque le turnover dans les boutiques qui avaient besoin d’une montre suisse, de grande qualité mais à un premier prix. C’est aussi grâce au savoir-faire dont nous avons hérité de notre grand-père et de notre père que nous sommes parvenus à créer une collection aussi raffinée dans ses détails, aussi élégante, à des prix aussi imbattables.”

Source: Europa Star April - May 2014 Magazine Issue